Fiançailles en Islam : oui ou non ?

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Question : Je suis vraiment confuse… En effet, j’entend certaines personnes de mon entourage dire que les fiançailles n’existent pas en Islam et que cette pratique n’a donc aucun fondement chez nous… Mais d’un autre côté, j’entend parfois d’autres personnes affirmer que les fiançailles existent et qu’elles sont aussi appelées « Fâtiha »… Qui a raison ?… et qui à tord ?…

Réponse: La confusion que vous avez constaté résulte, je pense, des deux différents usages qui sont faits du terme « fiançailles ».

  • Lorsque l’on dit qu’on ne trouve pas de fondement pour les fiançailles dans les références relatant ce qui se passait à l’époque du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) et des Compagnons (radhia Allâhou anhoum), on utilise ce terme dans le sens qui est le sien dans la langue française et la culture occidentale, c’est à dire que l’on désigne par là la cérémonie (avec l’échange de bagues etc…) qui est organisée lors de la promesse d’un futur mariage, en réponse à une demande à cet égard. (L’expression du désir de marier est appelée en arabe « Khitbah » (avec un « i »). Allah y fait allusion dans un passage du Qour’aane » Et on ne vous reprochera pas de faire, aux femmes, allusion à une proposition de mariage (« khitbah »)(…) » (Sourate 2 / Verset 235); la « Khitbah » est à distinguer de la « Khoutbah » (avec un « o »), qui est, lui, le sermon prononcé lors de la cérémonie religieuse du mariage (« Nikâh »)).

Ceci explique pourquoi on trouve dans les écrits de certains savants des condamnations à l’égard des fiançailles; ces derniers qualifient cette cérémonie et tout ce qui s’y fait durant celle-ci comme étant des innovations (« Bid’ah ») à éviter. Il est à noter que si l’on fait usage du terme « fiançailles » dans ce sens, il est évident que, tant que l’union religieuse elle même n’est pas conclue, rien ne change pour les fiancés: Ils restent des « étrangers » l’un par rapport à l’autre, et les règles qui régissent les relations entre eux restent donc les mêmes que celles concernant les hommes et femmes étrangers: Ainsi, l’isolement entre eux reste, par exemple, strictement interdit.

  • Par contre, dans le langage courant dans certaines régions (ce qui semble être le cas en Métropole), on emploie également le terme « fiançailles » pour désigner l’union religieuse, le « Nikâh » (communément appelé en Métropole, comme vous l’avez évoqué, la « Fâtiha » (dans certaines cultures)). Dans ce cas, il s’agit bel et bien d’une union valide, islamiquement parlant (plus particulièrement selon l’avis de l’Imâm Abou Hanîfah r.a.), à partir du moment où il consiste en un échange de consentement de mariage en présence de deux témoins minimum (« Al Idjâb Wal Qouboûl ma’a houdhoûrich châhidayn »). Après ce « Nikâh » (désigné donc souvent sous l’appellation de « fiançailles »), l’homme et la femme sont considérés comme étant unis devant Allah, et les relations entre eux, ainsi que l’initiation de la vie commune, deviennent totalement licites. (Personnellement, je pense que l’usage du terme « fiançailles » pour désigner l’union religieuse n’est pas approprié, car suscitant justement des confusions par rapport à ce qu’il désigne dans la culture occidentale…)

Wa Allâhou A’lam !

Et Dieu est Plus Savant !